Publié le mercredi 5 novembre 2025
BIO : Interview de Christine Nogueira, Chef d’entreprise, Intermarché de Pamiers et Revel, en charge de la stratégie RSE des enseignes Intermarché et Netto
FEEF : Comment arbitrer entre bio, “local”, “sans pesticides”, “HVE” et autres promesses responsables ?
Christine Nogueira : Pourquoi serions-nous obligé d’arbitrer ? Notre conviction, notre rôle de distributeur, est de proposer une large diversité d’offre responsable à nos clients. Nous souhaitons qu’ils puissent choisir en fonction de leurs convictions et de leur pouvoir d’achat. Proposer une offre de produits locaux, bio, sans pesticides ou HVE fait partie de nos engagements. Cela nous permet d’offrir des produits plus sains et durables. Notre rôle est d’informer les consommateurs de façon transparente sur les différences entre ces modes de production.
FEEF : Les MDD bio suffisent elles à fidéliser, ou faut-il garder une offre de marques PME pour la différenciation et l’innovation ?
CN : Notre MDD bio fidélise fortement notre clientèle au sein de nos enseignes parce qu’elle est attractive et accessible par rapport à nos offres de marques nationales. Il est dans le même temps essentiel de continuer à développer une offre de marques nationales de PME pour apporter continuellement dans notre offre de la complémentarité. Ces partenariats nous permettent de proposer à nos clients, toujours en attente de nouveautés, une offre différenciante et innovante. Cependant, devoir de vigilance pour les PME quant à l’accessibilité prix de leurs produits. Le prix est un frein réel et sérieux au développement de la Bio en GMS, les produits doivent rester accessibles pour capter le plus grands nombre de clients.
FEEF : Quels partenariats nouer avec PME et filières pour garantir des volumes réguliers et une logistique adaptée ?
CN : Chez Intermarché et Netto nous avons une Direction spécifique pour les relations avec les PME. Au travers de ce pôle nous pouvons nouer des relations commerciales privilégiées avec les PME. Notre rôle peut aussi être l’accompagnement des PME dans la sécurisation de leurs volumes en ciblant un nombre de magasins adapté à leur capacité de production. L’enseigne dispose aussi de structures d’achat de proximité avec des Bureaux en régions qui peuvent proposer une logistique d’approvisionnement plus courte avec des offres qui répondent aux attentes consommateurs par bassins de consommation.
FEEF : Comment rassurer sur la fiabilité des labels et éviter la confusion entre bio et autres labels ?
CN : Un label est avant tout un respect de cahier des charges et reflète un engagement de la chaine de valeur des produits. Il est certain que les consommateurs peuvent perdre confiance face à la multitude de labels. Notre rôle est d’informer les consommateurs sur l’authenticité de ces promesses, qu’elles soient bio ou responsables. C’est au travers de nos communications en magasins ou sur nos différents supports, également sur notre site Drive, que nous devons transmettre les valeurs de ces différents labels à nos clients.
FEEF : Comment intégrer le bio dans une stratégie RSE plus globale des enseignes (empreinte carbone, emballages, circuits courts) ?
CN : La RSE est un levier stratégique au service de la performance durable et de la pérennité de nos entreprises. Aujourd’hui il est essentiel d’intégrer le bio dans une démarche RSE. Cela nous permet de renforcer la confiance de nos consommateurs et de sécuriser nos approvisionnements bio. Dans le même temps cela nous permet d’anticiper les évolutions règlementaires en réduisant notre empreinte carbone.
Plus globalement intégrer le bio dans notre stratégie RSE assure la transformation sociétale du commerce.
Propos recueillis par Olivier Collet, novembre 2025.
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